Mardi 4 Août 1914.

Il a plu toute la nuit. Les réservistes sont arrivés en grand nombre, j’ai revu plusieurs camarades qui devisent tous gaiement et ils sont tous confiants dans le succès de notre armée. Ils ont mis de 10 à 15 heures pour venir de PARIS et même plus!. Nous consultons avec avidité les journaux qu’ils apportent. La guerre n’est pas encore déclarée mais les événements actuels la rendent inévitable à bref délai. Toute la matinée nous avons remis en état notre cantonnement. L’après-midi je suis allé à l’exercice, j’ai réussi à m’échapper en ville pour aller chercher le reste de mes effets civils que j’ai rangé ensuite avec ma bicyclette dans le grenier de la 1ère compagnie. A 5 heures je prends la garde. La nuit une grande quantité de réservistes arrivent pour coucher. Je les loge tant bien que mal dans un grenier. Nous apprenons que la guerre se déclare par l’ALLEMAGNE. Nous n’en sommes pas fâché car nous commencions à trouver le temps long dans notre cantonnement. Le capitaine CACOT, commandant de notre compagnie nous adresse une petite allocution pathétique, nous annonçant que les circonstances actuelles sont excellentes pour nous et que nous avons toutes les chances d’aller bientôt dans la vallée du Rhin. Il nous donne quelques conseils pour les blessures et l’hygiène.

Etant de garde, je n’ai pu fermer l’œil pendant la nuit. J’étais réveillé presque toutes les demi-heures. Une de nos sentinelles incertaine a laissé passer 2 individus suspects se disant commissaires. J’espère que nous les repérerons les matins suivants.

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