Dimanche 2 Août 1914.

5 heures du matin. Je n’ai pas très bien dormi, ayant été réveillé toute la nuit par les sentinelles qui se relevaient. Nous construisons des feuillées dans un pré avoisinant le cantonnement. L’après-midi, nous allons réquisitionner avec BERNIER et AUCLERE et 4 camarades les chaumières chez les habitants de DOMMARTIN chez qui nous sommes bien reçus. Ils nous offrent des prunes et  nous causent de la guerre probable avec un patriotisme farouche. Vers 5 heures, il fait un orage épouvantable. Nous voyons défiler stoïquement sous la pluie diluvienne un régiment d’artillerie et 2 régiments d’infanterie composés de réservistes. Ces derniers ont un entrain admirable. Ce ne sont que les cris : « A Berlin ! », etc.. Ces braves gens, malgré l’averse qu’elles viennent de recevoir, marchent crânement en chantant des airs guerriers avec la musique. Nous sommes tous entraînés par ce spectacle. Les journaux ne nous sont pas parvenus aujourd’hui, ainsi que les lettres. Aussi les bruits les plus fantaisistes circulent. Nous ne savons pas si la guerre est déclarée, mais nous avons un moral excellent, la souhaitons presque maintenant que nous sommes prêts.

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